Kariane Alepins – Expliquer l’aphasie

Travail universitaire de Kariane Alepins, étudiante en orthophonie à l’Université de Montréal.

Imaginez-vous vivre dans un pays dont vous ne parlez ni ne comprenez la langue : vous savez exactement ce que vous voulez dire, mais une barrière vous empêche de le transmettre. C’est par cette image que Kariane Alepins nous fait ressentir le quotidien des personnes aphasiques. L’aphasie est un trouble du langage acquis, causé par une lésion au cerveau — un AVC, un traumatisme crânio-cérébral, une tumeur ou un trouble neurocognitif — qui peut toucher la parole, la compréhension, la lecture et l’écriture. Plus de 100 000 Canadiennes et Canadiens vivent avec ce trouble.

La vidéo déboulonne aussi les mythes : l’aphasie n’affecte pas l’intelligence, et elle peut toucher les hommes comme les femmes, à tout âge. Ses manifestations varient beaucoup d’une personne à l’autre — certaines ne parlent plus du tout, d’autres cherchent leurs mots ou peinent à construire des phrases. Deux indices permettent souvent de la reconnaître : le manque du mot, qui pousse à utiliser des termes vagues, et le langage automatique, ces mots bien ancrés (compter, chanter, jurer, les jours de la semaine) qui sortent sans contrôle.

Surtout, la vidéo propose des gestes concrets pour mieux communiquer : capter l’attention de la personne avant de parler, ralentir le débit en gardant un ton adulte, aborder une seule idée à la fois, poser des questions à réponse oui/non, appuyer ses propos de gestes et laisser du temps pour répondre. Le cahier de communication, les supports visuels ou simplement du papier et un crayon complètent la trousse — l’objectif étant de favoriser l’échange, sans jamais infantiliser.

Transcription

Aphasie. Imaginez-vous vivre dans un pays étranger. Vous ne parlez ni ne comprenez la langue. Vous savez ce que vous voulez dire et ce dont vous avez besoin, mais il y a cette barrière linguistique qui vous en empêche. Vous essayez du mieux que vous le pouvez de vous faire comprendre. Cependant, les gens perdent patience, interprètent mal vos intentions, et cela entraîne des malentendus. Vous ne savez plus quoi faire pour transmettre votre message. Vous ressentez de la frustration, du découragement, et perdez le désir de communiquer avec autrui. Ce sont les défis qu’une personne vivant avec l’aphasie peut vivre au quotidien.

L’aphasie est un trouble du langage acquis qui impacte la manière dont une personne communique. Avant elle, la personne avait un langage normal. Elle est causée par une lésion au cerveau, comme un AVC, un traumatisme crânio-cérébral, une tumeur, ou peut survenir à la suite de troubles neurocognitifs. Elle peut affecter la capacité à dire des mots, à comprendre des mots, mais aussi à lire ou à écrire. Plus de 100 000 Canadiens et Canadiennes vivent avec l’aphasie.

Plusieurs mythes entourent l’aphasie. Il est important de préciser que l’aphasie n’affecte pas l’intelligence de la personne. Elle rend la communication plus difficile, mais ne l’empêche pas complètement. Elle peut toucher les hommes et les femmes de tous âges.

L’aphasie peut se manifester de plusieurs façons. Certaines personnes ne peuvent pas parler du tout ou très peu. Certaines ont de la difficulté à faire des phrases, n’arrivent pas à trouver les mots justes ou à prononcer les mots adéquatement. Elles peuvent aussi avoir de la difficulté à comprendre les mots qu’elles entendent. Certaines peuvent écrire et lire, tandis que d’autres n’en sont pas capables.

Certains indices permettent de reconnaître l’aphasie. Le premier est le manque du mot, c’est-à-dire avoir de la difficulté à trouver ses mots. Les personnes vont alors utiliser des mots vagues au lieu de nommer les objets ou les personnes de manière précise. Elles peuvent aussi utiliser ce qu’on appelle le langage automatique. Il s’agit souvent d’un langage appris plus tôt dans sa vie ou qui est bien imprimé dans sa tête. La personne pourrait alors compter, chanter, jurer, dire les jours de la semaine ou des expressions courantes sans pouvoir se contrôler.

Lorsque vous rencontrez une personne ayant l’aphasie, évitez de l’infantiliser, de lui parler vite, de parler de plusieurs sujets à la fois, de lui poser des questions trop générales, de faire semblant de l’avoir comprise et de corriger ses mots et ses phrases. Cela est crucial afin de favoriser un meilleur échange : elle sera davantage en mesure de vous communiquer ses besoins, et vous de la comprendre.

À la place, éliminez les distractions. Assurez-vous d’être face à elle et d’avoir son attention avant de commencer la conversation. Adaptez votre langage : parlez plus lentement tout en gardant un ton adulte. Parlez d’une seule idée à la fois. Utilisez des phrases courtes, simples et directes. Posez des questions qui se répondent par oui ou non, ou donnez des choix de réponse. Appuyez vos propos en utilisant des gestes. Répétez ou reformulez au besoin et laissez du temps de réponse à la personne.

Les personnes vivant avec l’aphasie ont parfois un cahier de communication qui contient des informations de base à leur sujet et des pictogrammes personnalisés pour les aider à communiquer. Vous pouvez vérifier auprès d’elles si c’est le cas. Vous pouvez aussi utiliser un support visuel qui comprend comme choix de réponse oui, non ou je ne sais pas, et qui permettra à la personne de vous répondre. N’hésitez pas à utiliser du papier et des crayons pour écrire des mots-clés ou dessiner pour vous faire comprendre. L’objectif est d’optimiser les interactions et de réduire les bris de communication entre vous et la personne vivant avec l’aphasie.

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